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25/04/2018 Écosytème, Toutes les actualités

Table ronde : les industriels de la filière prêts à renforcer les collaborations

Retour sur… la table ronde industrie électronique du futur à l’AG WE Network le 16 avril 2018. 

Et si les industriels français de l’électronique nouaient de nouvelles alliances ? C’est en substance la question qui était débattue au cours de la Table ronde « Quelle collaboration possible pour créer l’industrie électronique du futur ? » en clôture de l’Assemblée Générale 2018 de WE Network.

tabel ronde

Quelle collaboration possible pour créer l’industrie électronique du futur ?

 

Des dirigeants de groupes représentatifs de la filière

Le panel était représentatif des acteurs clés des EMS, les industriels sous-traitants de l’électronique en France, avec :

- Bruno Racault, CEO de All circuits

- Sébastien Chatelier, CEO de la Cité de l’Objet Connecté et DG Transformation d’Eolane

- Vincent Bedouin, CEO de Lacroix Group et Président de WE network

- Patrick Collet, CEO de Tronico (Alcen)

 

Un plateau représentant ainsi un total de 10 000 emplois sur une filière qui en compte 50 000 en France : de quoi aiguiser la compréhension des participants sur les grandes stratégies du secteur ! Était présent pour animer cette table ronde de grands dirigeants Eric Kirstetter, Partner du cabinet Roland Berger – également coordinateur de la rédaction de la feuille de route Industrie électronique du futur en novembre 2017.

Les sujets traitaient un large spectre de thématiques : l’accélération des nouveaux usages, les nouvelles réponses pour la formation, l’optimisation des ressources industrielles et l’anticipation des besoins clients.

 

Quatre thématiques stratégiques pour la filière

Thème #1 : Comment accélérer les nouveaux usages et promouvoir le made in France ?

 

  • Eric Kirstetter, Roland Berger

À la suite de l’écriture de la feuille de route de l’industrie électronique du futur, nous avons établi qu’il fallait que la France et l’Europe se mettent en ligne pour être capable d’être compétitifs face à l’Asie et aux Etats Unis. Ma question est donc : êtes-vous prêt à travailler ensemble ?

 

  • Bruno RACAULT, All circuits

En ce qui me concerne, je n’ai pas de réponse concrète là-dessus. Je pense que chaque acteur de la filière doit pouvoir collaborer avec les autres en fonction des sujets et de l’intérêt à le faire (savoir-faire, moyens de production, par exemple).

 

  • Sébastien CHATELIER, Cité de l’Objet connecté – Eolane

Selon moi l’objectif se trouve dans le fait de mieux accompagner la demande qui s’exprime. Et sur ce plan deux enjeux principaux sont absolument essentiels :

- Simplifier l’accès aux nouveaux usages, c’est-à-dire rendre l’électronique accessible aux autres secteurs d’activité,

- Jouer la capitalisation, c’est-à-dire éviter le phénomène de dispersion et de fragmentation des efforts et des investissements

Par ailleurs, moins il y a de guichets, plus il y a de projets qui se concentrent et plus on est capable de capitaliser. C’est ce qu’on a essayé de faire à la Cité de l’objet connecté. En limitant la profusion de guichets, on fait d’abord grandir la taille du gâteau, c’est-à-dire le nombre de projets clients sourcés. On aura ainsi beaucoup plus de chances de faire grossir la taille du gâteau pour tous les acteurs de la production en France.

 

  • Patrick COLLET, Tronico

Ce guichet peut marcher s’il n’existe pas de conflit entre les sociétés, ou les femmes et les hommes qui les dirigent. Par exemple, l’IoT sur le grand volume n’est pas équivalent à l’IoT militaire. Ils font appels à des savoir-faire différents. Nous pouvons rester complémentaires dans nos offres respectives à 95% même s’il existera toujours des points de friction. Nous sommes aujourd’hui regroupés au sein de WE Network. Il va falloir être agile et s’adapter à chaque situation, par exemple avec des mariages à trois ou quatre acteurs selon les affaires qui peuvent fonctionner du moment qu’on prend en compte les domaines d’excellence de chacun.

Nous avons en effet un pallier de coût très élevé : par exemple chez nous la moindre conception représente 100 000€. Il faut donc travailler ensemble pour réduire ce coût.

 

  • Vincent BEDOUIN, Groupe Lacroix

C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de collaborer avec des concurrents de longue date. Cependant il faut voir à plus long terme et bien identifier où se trouvent nos vrais concurrents, en Asie ou aux Etats-Unis; on peut réellement gagner à moyen terme face à cette concurrence si l’on accepte de mettre ensemble beaucoup plus de projets en commun. C’est le sens des actions que nous menons avec d’autres au sein du programme WISE à découvrir sur le site wiseprogram.eu. Pour faire grossir la taille du gâteau, on a besoin de démontrer la richesse de nos compétences, petits et gros acteurs, car elle est nécessaire pour répondre aux besoins des nouveaux marchés du Smart World. C’est sur cette richesse qu’il nous faut capitaliser et la WISE’factory dans lequel nous nous trouvons doit nous y aider en associant dans un même lieu de multiples compétences.

 

 

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Accompagnement des projets Start-ups / PMEs / ETIs

L’offre WISEUp du programme WISE est dédiée aux entreprises qui souhaitent ajouter de l’intelligence à leurs produits ou procédés, dans tous les secteurs d’activité.

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Thème #2 : Quelles réponses sur la formation pour assurer la pérennité des métiers ?

  • Eric KIRSTETTER, Roland Berger

Vous êtes sur un secteur d’activité à forte dominante technologique qui nécessite de réactualiser en permanence les compétences pour tous les niveaux de qualification. Par ailleurs, il y a depuis plusieurs années en France une désaffection des étudiants pour les carrières industrielles. Comment comptez-vous dépasser ce double défi ?

 

  • Patrick COLLET, Tronico

Aujourd’hui il est vrai que de nombreux profils-clés sont manquants. Les ingénieurs process et les chefs de projets par exemple, sont des compétences dont nous manquons. De même que les techniciens de tests qui doivent être des professionnels qualifiés et déjà aguerris et sur lesquels on ne trouve simplement pas de candidats. Notre difficulté c’est que les jeunes ingénieurs sont davantage attirés par les métiers du front comme la conception de produits par exemple et pas par l’industrie. Du coup le marché est très tendu sur certains profils clés et ça induit des tensions et une forme d’escalade sur la chasse aux talents.

 

  • Vincent BEDOUIN, Groupe Lacroix

Il est vrai que dans la filière électronique comme dans d’autres industries, nous n’avons pas anticipé la problématique de la formation en amont, nous nous retrouvons ainsi aujourd’hui à se « piquer » des profils pour faire avancer nos usines. Il y a eu une mauvaise coordination avec les académiques, et le problème également comme cela a été souligné c’est que nous manquons de candidats pour aller sur tous nos métiers.

Nous avons également un travail à mener, c’est de définir clairement quelles compétences précises se trouvent derrière les intitulés de nos métiers. Ce travail il est mené aujourd’hui en particulier au sein des groupes de travail WISE’Camp, cependant cela nous prendra au moins 5 ans avant d’en voir les effets, sur la classe d’âge qui arrive par exemple.

En attendant, il faut trouver des solutions de court terme et pour cela je vois au moins une piste : c’est de profiter de la classe d’âge qui part bientôt à la retraite pour former nos opérateurs dans nos usines et les faire monter en compétence sur de nouveaux postes. Si les ingénieurs ne peuvent pas exercer le métier de technicien, alors aidons les opérateurs à monter en compétence dans nos usines.

Enfin il faut continuer la mise en réseau de nos écoles d’entreprise avec les formations de l’Enseignement supérieur. En résumé, un mix à définir en commun autour de la GPEC (Gestion Prévisionnelle de l’Emploi et des Compétences), de la formation initiale et continue et de la mise en réseau indispensable pour aller plus vite, puisque 80% des métiers dans l’industrie du futur n’existent pas encore.

 

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Formation et apprentissage

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Thème #3 : Comment améliorer le ROI dans l’appareil de production et encourager l’investissement ?

  • Eric KIRSTETTER, Roland Berger

La complexité et les difficultés récurrentes d’approvisionnement de la filière électronique sont telles qu’une très grande partie du capital est immobilisé dans les stocks. Quelles solutions proposez-vous pour réduire ce poste d’immobilisation afin de le rebasculer vers l’investissement productif ?

 

  • Sébastien CHATELIER, Eolane

Effectivement, un de nos grands enjeux c’est d’être bien meilleur que nos concurrents – Chinois en particulier – en supply chain pour la petite et moyenne série, car nous sommes bien plus loin des sources d’approvisionnement.

 

  • Vincent Bedouin, Groupe Lacroix

Ce qui nous ferait énormément gagner, ce serait enfin de tous nous mettre autour de la table, et d’imposer le développement de connecteurs numériques entre les différentes solutions des uns et des autres. Soit on travaille ensemble et on créé un standard qu’on impose aux fabricants sur notre territoire, soit nous continuerons à subir pour nos approvisionnements de composants. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la Chine voit dans l’industrie électronique du futur un secteur stratégique puisque ce ne sont pas moins de 25 milliards de dollars qui sont prévus en Chine pour accompagner la transformation du secteur.

 

  • Bruno RACAULT, All circuits

Selon moi, nous n’avons pas à rougir de nos usines. Nous avons des usines excellentes que les Chinois ne sont pas près d’égaler, il ne faut pas l’oublier. Ne nous sous-estimons pas c’est une mauvaise habitude française, il faut avoir confiance dans nos capacités à répondre à cette concurrence, y compris dans la grande série comme nous le faisons pour l’industrie automobile. Nous ne gagnerons pas ce combat si nous nous cantonnons aux petites et moyennes séries.

 

  • Sébastien CHATELIER, Eolane

Nous pouvons continuer à optimiser notre organisation interne pour améliorer les marges, c’est une évidence. Nous avons plusieurs projets qui vont dans ce sens au sein d’Eolane comme chez nos collègues.

 

  • Vincent BEDOUIN, Groupe Lacroix

Là où nous avons à travailler c’est moins au niveau de l’usine elle-même que sur la filière globale. Nos filières prises dans leur ensemble ne répondent pas, à l’heure actuelle, aux besoins de nos clients. Si on était capables de mettre au point des algorithmes agissant en temps réel pour partager l’information concernant nos stocks ça nous permettrait d’être vraiment efficaces. Bien sûr dans les échanges que nous menons au niveau de la filière, les distributeurs sont sur le frein. Toutefois, c’est une priorité pour se donner de nouvelles marges de manœuvre.

 

En Allemagne il y a une évolution vers la digitalisation des outils de production qui est à l’œuvre. Cela va arriver bientôt chez nous. Les petits EMS sans système d’information ou sans système de qualification des composants pourraient se trouver en difficulté demain et il faut qu’on les accompagne dans cette transformation pour maintenir la diversité de notre industrie électronique.

 

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Usine électronique du futur

L’offre WISE‘Fab du programme WISE est destinée à organiser la structuration de la filière électronique autour des enjeux de l’électronique du futur.

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Thème #4 : Comment mieux anticiper la demande des clients de l’électronique ?

  • Bruno Racault, All Circuits

Ce n’est pas mon métier d’anticiper les demandes du marché. Pour moi anticiper cela vaut le coup si on peut capter le business sur un client donné sinon cela ne sert à rien. Nous ne voulons pas utiliser de ressource s’il n’y a pas de demande claire et identifiée, car ce sont des investissements trop lourds.

 

  • Vincent Bedouin, Groupe Lacroix

La question c’est de s’adapter aux marchés en amont. Si on n’a pas anticipé les besoins de ses clients et que l’appel d’offre tombe sur la table, c’est déjà trop tard. Nous pensons de notre côté qu’il faut avoir anticipé les évolutions des besoins en technologies.

 

  • Bruno Racault, All Circuits

Et bien nous on est agiles, et on est capables de répondre à toutes les demandes quand elles tombent sur la table (rires).

 

  • Patrick Collet, Tronico

Selon moi il y a matière à collaborations sur au moins deux sujets. Tout d’abord se laisser la possibilité de mutualiser les équipements qui sont parfois onéreux et ne servent pas en permanence. Cela permettrait de réduire les coûts pour chacun. Deuxièmement, si un seul industriel en France maîtrise la technologie, il y a de bonnes chances qu’elle ne se développe pas car les risques sont alors trop importants pour le client. Un pool minimal de partenaires réunis autour du projet assurera également le développement commercial et donc les débouchés de cette technologie.

 

  • Vincent Bedouin, Groupe Lacroix

Il est impératif selon les marchés de maîtriser les technos pour réduire nos coûts de non qualité, en particulier pour les demandes ultra pointues dans des délais très courts. Par ailleurs la transmission des compétences dans ces métiers du process est critique et nous profitons des projets de coopération WISE’tech pour former les experts qui prendront demain la relève.

 

  • Bruno Racault, All circuits

Nous on est dans l’automobile et on a 4 ans pour répondre aux nouvelles roadmaps de nos clients. C’est sûr que ce n’est pas la même chose pour les télécommunications, où c’est 3 mois.

 

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Procédés et briques technologiques

L’offre WISE‘Tech du programme WISE propose un ensemble de solutions sur étagères et de coopérations entre acteurs pour accélérer sur les technologies intelligentes.

 

 

 

 

Conclusion par Eric Kirstetter et Vincent Bedouin

Nous avons vu au terme de cette soirée qu’il existe de réelles pistes et opportunités pour collaborer sur des projets communs, malgré les divergences de visions. Nous savons que nous allons faire l’industrie électronique du futur avec tout le monde. Y compris avec les interrogatifs, dont le questionnement sera tout aussi nécessaire pour éviter de partir sur des mauvaises pistes.

La question qui nous attend à présent, c’est de transformer l’essai, dans la continuité des enjeux soulevées dans la Feuille de route « Vers l’Industrie électronique du futur ».

Nous avançons déjà, dans les groupes de travail qui se sont reconstitués, vers une filière qui impulse et propose des actions dans une optique constructive. Les convergences sont là : ces pistes, ces projets, il faut désormais les jouer à fond !

 

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